Comment réimaginer le futur au quotidien
Nicolás Bronzina explore comment les plateformes de streaming offrent, selon lui, un accès unique à des perspectives culturelles variées, enrichissant notre imagination collective sur l’avenir. Il utilise le film Perfect Days, une coproduction entre le Japon et l’Allemagne, comme exemple pour illustrer comment l’observation des gestes quotidiens d’une autre culture peut devenir un puissant outil de prospective. À travers l’analyse des objets banals utilisés par le protagoniste (un nettoyeur de toilettes publiques à Tokyo)–comme son seau, sa montre analogique et les bancs publics–l’auteur propose une méthodologie de « découverte diégétique » permettant de réinterpréter ces objets quotidiens comme porteurs de valeurs culturelles profondes. Son approche nous encourage à remettre en question nos présupposés culturels et à imaginer des futurs alternatifs. Bronzina affirme que le futur se construit à partir de l’intersection de perspectives diverses, créant une mosaïque d’avenirs potentiels où chaque culture contribue à une compréhension plus riche du monde.
Jumeaux numériques de la Terre : la porte ouverte à la géoingénierie ?
Article analysant le concept de jumeaux numériques de la Terre–des répliques virtuelles de notre planète créées grâce à des données massives et des modèles informatiques de haut niveau. Ces simulations sont présentées comme des outils prometteurs pour la lutte climatique, mais qui, selon plusieurs chercheurs, soulèvent de sérieuses préoccupations. Andrea Saltelli critique leur vision réductionniste de la nature, tandis que Delf Rothe et Marine de Guglielmo-Weber font remarquer le risque que ces simulations encouragent des expériences dangereuses de géoingénierie et deviennent des instruments de contrôle politique érodant la démocratie. L’autrice souligne également comment ces technologies, actuellement aux mains d’une élite occidentale, négligent les incertitudes sociopolitiques et géopolitiques tout en donnant l’illusion d’une approche purement rationnelle et objective des défis climatiques.
La cartographie d’une « seconde Guerre Civile Américaine »
Tout le monde en a un peu marre des tarifs et des allusions à un 51ème état, mais jetez quand même un bon coup d’oeil à cet article de Cyril Rimbaud qui nous fait un fascinant tour d’horizon de dizaines d’oeuvres qui ont exploré l’idée d’une seconde Guerre Civile Américaine. Science fiction, histoires alternatives, comic books, jeux de table ou de rôle, tout y passe. L’auteur a décidé de centrer son exploration sur les cartes géopolitiques imaginées, ce qui rend la lecture particulièrement amusante. Pour en faire un petit exercice de prospective, choisissez quelques œuvres et imaginez quels moteurs de changement ont participé à ce futur. Détails à remarquer: le nombre de cartes où le Québec est indépendant et où les peuples des premières nations ont repris le contrôle d’une partie des États-Unis ou du Canada.
◗ Pourquoi les parents apprennent à leurs enfants de la génération Alpha à utiliser l’IA. « Les parents qui se sont confiés au Guardian estiment que l’exposition précoce des enfants à l’IA peut favoriser la créativité, aiguiser l’esprit critique et améliorer les compétences en matière de communication. » Notons qu’un usage bien encadré pourrait potentiellement aider à développer ces aptitudes mais cela ne constitue pas un résultat allant de soi, ou qui soit directement favorisé par l’IA, au contraire dirons certains.
◗ OpenAI déclare la course à l’IA « terminée » si l’entraînement sur des œuvres protégées par le droit d’auteur n’est pas considéré comme une utilisation équitable. Dans ses recommandations au gouvernement américain, OpenAI a clairement indiqué que, selon eux, acheminer autant de données que possible vers les entreprises d’IA–sans tenir compte des préoccupations des détenteurs de droits–était la seule voie vers un leadership mondial en matière d’IA.
◗ La première « intelligence biologique synthétique » au monde fonctionne à partir de cellules humaines vivantes. Les réseaux neuronaux de cellules humaines qui se forment sur la « puce » de silicium sont essentiellement un ordinateur organique en constante évolution, et les ingénieurs à l’origine de ce projet affirment qu’il apprend si rapidement et avec tant de souplesse qu’il surpasse complètement les puces d’IA utilisées pour entraîner les grands modèles de langage (LLM) existants.