Le Musée du futur de Dubaï. Photo de Raimond Klavins sur Unsplash.

Télescope 43

Les futurs de Dubaï et du Groenland

L’auteur William Gibson a dit que « l’avenir est là, il est tout simplement réparti de manière inégale ». Citation surutilisée s’il en est une, elle offre quand même une lentille utile, et pas seulement pour les développements technologiques. 

Lydia Polgreen explore la façon dont Dubaï est devenu une destination attrayante pour les migrants qualifiés du Sud, contrastant avec les sentiments anti-immigration qui montent en Occident. Cette métropole des Émirats arabes unis représenterait un futur possible où les nations, confrontées à des défis tels que le changement climatique et les crises politiques, adoptent des politiques migratoires flexibles pour attirer une main-d’œuvre diversifiée. Dubaï préfigurerait un monde où la citoyenneté traditionnelle est remplacée par des systèmes de résidence temporaire basés sur les compétences et les besoins économiques.

Le Groenland, cette île que Trump veut prendre par la force, ne représente quand à elle peut-être pas, en elle-même, un futur déjà distribué, mais se retrouve confrontée à un avenir proche où les glaces ont quitté l’Arctique, où les forces mondiales sont redistribuées, et ou une « frontière » nouvellement plus accessible est perçue par les géants comme un eldorado de matériaux essentiels. (Si vous n’avez pas vu The Diplomat, il y aura divulgâchage, mais remarquez le Groenland dans cet extrait concernant l’Écosse.)

Retrouver l’espoir d’un avenir alternatif

L’article explore comment dépasser l’imaginaire dominant du capitalisme pour ouvrir des futurs alternatifs. Il montre que beaucoup d’initiatives transformatrices restent isolées ou invisibles, faute de récits partagés et de liens entre elles. Pour y répondre, l’équipe du « Onion Collective » propose le « modèle des pétales » : une représentation en forme de fleur où chaque pétale correspond à un type de pratique (culturelle, économique, sociale, etc.) œuvrant à des futurs différents mais interconnectés. Le centre représente les pratiques émergentes, qui sont habituellement montrées aux frontières, hors du système, mais également les relations, les ressources partagées et les visions communes qui rendent ces alternatives visibles et cohérentes.

Rendre l’interopérabilité contraignante

L’article présente Le rapt d’Internet, traduction française de The internet con de Cory Doctorow, militant des libertés numériques et auteur de plusieurs romans de science-fiction. Son livre expose la critique fondamentale de Doctorow envers la concentration excessive du pouvoir technologique et défend l’interopérabilité comme solution principale, il propose d’ailleurs diverses stratégies pour l’imposer : droit à la rétro-ingénierie, ouverture des infrastructures, modération communautaire et fédérée, et limitation des rachats d’entreprises concurrentes. C’est un discours qu’il défend depuis plus de vingt ans, mais qui s’avère d’une importance renouvelée vu le climat politique actuel, ou plusieurs pays tentent de reprendre une certaine autonomie technologique.


Les groupes autochtones sauvegardent leur culture avec leur propre ChatGPT. La propriété collective est au cœur de Tainá. Les données sont stockées localement, et non dans le nuage, et la communauté décide quelles parties seront partagées avec le monde. On est loin du statu quo qui veut que les « grands seigneurs de la technologie décident de ce qu’il faut faire de nos données ». À voir aussi, l’excellent projet Abundant Intelligences, basé en partie à l’Université Concordia, un programme de recherche dirigé par des autochtones qui conceptualise, conçoit, développe et déploie une intelligence artificielle basée sur des systèmes de connaissances autochtones.

« Épidémie d’ironie » : à l’ère du trolling, est-on encore capable de prendre les choses au sérieux ? Comment l’ironie et le trolling façonnent le discours en ligne, souvent au détriment de la sincérité. Cette culture de la dérision favoriserait un détachement émotionnel et rendrait plus difficile l’expression authentique. Si le trolling peut servir à défier les normes, il mine aussi la confiance et complique les échanges sérieux.

Histoires du futur. L’organisation Plan International a invité 15 adolescentes et jeunes femmes de 11 pays du monde entier à imaginer un avenir 30 ans dans le futur où les gouvernements et les décideurs politiques auraient pleinement adopté les recommandations formulées par les adolescentes et les jeunes à l’occasion de la célébration de Pékin+30.