🎯 La rentrée, le bon moment pour penser plus loin.
Les inscriptions pour la cohorte 4 de notre série de classes de maître en prospective sont ouvertes !
5 semaines pour développer votre littératie des futurs et transformer votre approche stratégique.
📅 Du 22 septembre au 20 octobre 2026
⏰ Mardis, 12h à 13h30
💻 100% virtuel
Au programme :
→ Comprendre les horizons de temps et la méthode prospective
→ Repérer les moteurs de changement et les incertitudes
→ Construire des scénarios de futurs alternatifs
→ Traduire tout ça en stratégie d’action concrète
Pour s’inscrire :
Série de 5 classes de maître (750$).
L’IA n’a pas de candidat contre elle
Deux romanciers français, Abel Quentin (Sanctuaires) et Hadrien Klent (Le jour zéro), confrontent leurs livres respectifs – un essai technocritique pour l’un, une fiction post-catastrophe pour l’autre – dans un dialogue sur notre rapport à l’intelligence artificielle. Les deux s’entendent sur un point central : l’accélération technologique relève d’une course sans direction claire, où l’on confond depuis longtemps innovation et progrès. Le second axe de la conversation porte sur le vide politique entourant l’IA en France : aucun candidat à la présidentielle de 2027 n’ose s’y opposer de front, alors même que la société civile, selon les deux auteurs, perçoit déjà les pertes à venir plus lucidement que ses représentants.
Klent observe que les jeunes générations, grandes utilisatrices de ces outils, en gardent malgré tout une distance critique plus nette que celle des générations plus âgées. Quentin, de son côté, anticipe qu’un chômage de masse lié à l’automatisation pourrait devenir le déclencheur d’une mobilisation citoyenne plus large. Ce même vide se retrouve d’ailleurs à l’approche des élections québécoises du 5 octobre, où l’IA n’occupe que peu de place dans les échanges entre les partis. Les deux auteurs s’accordent sur une conviction : la culture politique française, façonnée par une certaine effervescence intellectuelle, offre un terrain propice pour inventer des réponses collectives – notamment par des mécanismes délibératifs, comme une convention citoyenne dédiée à l’IA – plutôt que de simplement suivre la trajectoire tracée par les États-Unis.
Les Québécois, champions de la longévité
Avec le vieillissement des populations partout dans le monde, la question de vieillir en bonne santé devient un enjeu de plus en plus pressant. Pour le moment, le Québec s’en tire remarquablement bien : son espérance de vie figure parmi les meilleures au monde, malgré un PIB par habitant plutôt modeste comparé au reste de l’Amérique du Nord – signe, selon les experts cités, qu’il s’agit d’abord d’un choix collectif plutôt que d’une question de moyens. Cette performance repose sur la combinaison d’un filet social généreux, de saines habitudes de vie répandues et d’une forte cohésion sociale, des facteurs qui atténuent l’effet des inégalités socioéconomiques sur la santé. Le Québec se distingue aussi par des politiques précoces contre le tabagisme et les surdoses, de même que par des programmes destinés aux familles et à la petite enfance. L’article se termine toutefois sur une note d’inquiétude : le démantèlement prévu de l’Institut national de santé publique et l’effritement de certains programmes sociaux font craindre un recul de cette expertise collective, au profit d’une logique budgétaire tournée uniquement vers les soins. ◗ Du côté des problématiques moins connues, au japon l’« argent de la démence » met en péril des milliards (archive.ph). Alors que le déclin cognitif touche de plus en plus d’investisseurs âgés, près de la moitié du PIB japonais est de plus en plus exposée aux risques de mauvaise gestion, de fraude et d’inactivité.
Vers une société postlittéraire?
Excellent billet de bibliomancienne, où elle revient sur le diagnostic posé par Rose Horowitch dans The Atlantic, qui évoquait l’entrée dans une ère « postlittéraire » où le déclin ne porterait pas sur l’alphabétisation elle-même, mais sur la lecture profonde – celle qui exige de rester longtemps avec un texte, de suivre un raisonnement et de construire du sens progressivement. C’est un cercle vicieux : moins de lecture soutenue entraîne moins d’endurance attentionnelle, ce qui rend les textes complexes plus rebutants, ce qui réduit encore la pratique. L’arrivée de l’IA générative en ajoute une couche, puisqu’elle permet désormais de déléguer non seulement la lecture, mais l’écriture elle-même – un geste qui participe pourtant à la formation de la pensée.
L’autrice nuance toutefois le saut que fait Horowitch entre ce constat et ses effets présumés sur la démocratie, et rappelle que les données québécoises dessinent un portrait moins alarmant qu’aux États-Unis : la majorité des Québécois·es, jeunes compris, continuent de lire, même si la fréquence et l’intensité de cette lecture s’effritent. Son billet conclut que le véritable enjeu n’est pas la disparition du livre, mais la fragilisation des conditions sociales et institutionnelles – familles, écoles, bibliothèques – qui rendent la lecture profonde possible et désirable. ◗ Ce billet est le premier d’une série, suivi par Une société de lectrices et de lecteurs ne se construit pas toute seule et Lire autrement : que devient la lecture profonde à l’ère numérique?
◗ Les gagnants inattendus du boom des centres de données : les consultants en acoustique. Bel exemple d’un effet de second ordre. Ces installations immenses font beaucoup parler d’elles en raison de leur consommation d’eau et d’énergie, mais c’est la menace d’émissions sonores constantes qui agresse les riverains. C’est là qu’interviennent les acousticiens. (archive.ph)
◗ Simon Weckert crée une chemise à « camouflage numérique » pour échapper à la vidéosurveillance par IA. Conçue dans le cadre d’un projet pilote visant à utiliser la vidéosurveillance basée sur l’IA à la station Kottbusser Tor de Berlin, qui démarre ce mois-ci, cette chemise a été conçue pour empêcher l’utilisateur d’être identifié en tant que personne. Ce type de prototype n’est pas nouveau, mais possiblement le premier qui puisse passer pour un vêtement à peu près normal.
◗ Des bibliothécaires organisent des ateliers « Éviter l’IA » qui deviennent viraux, destinés aux personnes qui en ont assez des géants de la tech. « En tant que bibliothécaire, je pense qu’il est important de considérer cela comme un moyen de promouvoir la culture numérique et d’aider les gens à retrouver leur autonomie quant à leur choix d’utiliser ou non les outils d’IA. C’est important, surtout quand il peut être si difficile de s’en passer et que leur conception semble en imposer l’adoption. »
