Île d’Ormuz, Iran. Photo par Reza Ghazali sur Unsplash.

Télescope 70

Événement Prospective et transition – De la mobilisation à l’action

Chemins de transition, le Collectif LAGORA et la Société des demains vous donnent rendez-vous le 8 et 9 octobre prochains au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour un événement par et pour la communauté de pratique en prospective du Québec.

Dans un contexte de transition socio-écologique, comment faire de la prospective un véritable levier d’action ? Pendant deux jours, nous vous proposons un espace collectif pour: 

  • partager des expériences de terrain 
  • réfléchir à la prospective de demain 
  • développer des approches adaptées au contexte québécois 
  • renforcer nos capacités d’action grâce à l’intelligence collective

La participation est gratuite. Pour plus d’informations et pour vous inscrire, c’est par ici.


L’inconvénient choisi

Dans ce billet, Miki Sim observe une série de signaux culturels en apparence disparates, le retour des écouteurs filaires, les téléphones transparents, les cyberdecks féminins bricolés avec des Raspberry Pi, et les interprète comme les symptômes d’une même résistance générationnelle à la technologie corporative. L’autrice établit un contraste entre deux profils : d’un côté, le vibe marketer, héritier du bro crypto et du guru LinkedIn, qui promet d’automatiser le travail créatif avec l’IA ; de l’autre, une génération qui choisit délibérément la friction, la propriété et la lisibilité technique. Elle souligne au passage que ce travail créatif – lire les codes culturels, construire la résonance entre une marque et ses publics – est devenu, après des décennies de lente progression, un espace majoritairement féminin, et que l’automatisation par l’IA menace précisément cet acquis. Ces gestes esthétiques apparemment anodins (le fil des écouteurs, le boîtier transparent, le sac-ordinateur nacré) constituent une politique du refus. Non pas une posture anti-technologie, mais un rejet de leur technologie, celle conçue pour optimiser l’attention plutôt que l’autonomie. ◗ Le phénomène cyberdeck expliqué en français, avec contexte historique et guide de construction élémentaire, où Katya Kätzner note que WGSN désigne la cute tech comme contre-tendance de 2026. Et finalement jetez un coup d’oeil à #cyberdeck sur TikTok pour voir de quoi il en retourne.

L’avènement de l’ordre électrique mondial

Cet article de Kate Mackenzie et Tim Sahay soutient que le choc énergétique de 2026, provoqué par la guerre qui a bloqué le détroit d’Ormuz, est différent des crises précédentes parce qu’il coïncide avec l’émergence d’une véritable alternative : solaire, batteries, véhicules électriques et thermopompe sont désormais accessibles et compétitifs, grâce en grande partie à la politique industrielle chinoise. Des gouvernements aussi différents que la France, le Vietnam et le Nigeria accélèrent l’électrification, non plus par conviction climatique, mais suivant un calcul de sécurité nationale. Les auteur·ices notent aussi que les consommateur·ices devancent parfois les États : au Pakistan, un boom solaire spontané chez les familles et les entreprises a mieux amorti le choc que n’importe quelle politique publique. En toile de fond, la stratégie américaine de « dominance fossile » produit l’effet inverse de celui escompté. En rendant l’énergie plus instable, elle accélère le virage électrique chez ses propres partenaires commerciaux.

Fabriquer l’IA québécoise sans casser des œufs

De nombreuses initiatives visent à développer une intelligence artificielle québécoise qui respecte la culture locale et réduit la dépendance aux géants américains. Cependant, cette ambition soulève des tensions entre le respect du droit d’auteur et la nécessité d’accéder à des données culturelles pour entraîner les modèles d’IA. Christian Gagné compare ce projet à une grande œuvre collective, à l’image de la nationalisation de l’hydroélectricité, reposant sur un bien commun culturel. D’autre part, certains acteurs culturels craignent que l’utilisation des œuvres artistiques par l’IA ne menace la survie financière des créateurs et appauvrit leur patrimoine. Il est donc crucial d’engager un débat éthique et collectif pour concilier souveraineté numérique et protection des droits culturels.


Le succès d’une application contre l’addiction au smartphone. Blockin, une application japonaise de blocage des réseaux sociaux, compte déjà plus d’un million de téléchargements. Ce qui surprend, c’est que ses utilisateur·ices sont à 70 % des mineur·es qui l’installent de leur propre initiative, sans intervention parentale. Les concours scolaires sélectifs y sont pour beaucoup : les inscriptions explosent en août et en janvier, soit les périodes de préparation intensive. L’application mise sur la friction volontaire : débloquer une restriction est rendu délibérément fastidieux, et chaque tentative déclenche un message de motivation.

Dans les lieux publics, Amsterdam interdit la publicité pour la viande et les combustibles fossiles. La ville associe ainsi le steak haché aux billets d’avion bon marché, recadrant la consommation de viande comme enjeu climatique plutôt que choix purement personnel. La question reste ouverte cependant ; tant que les mêmes publicités circulent librement sur les réseaux sociaux, l’impact réel d’une interdiction en public demeure difficile à mesurer sur les comportements. 

Paris a organisé un test de résistance à grande échelle face aux vagues de chaleur extrême. Cette initiative a combiné des exercices sur le terrain et une simulation sur table afin d’élaborer un plan visant à protéger les deux millions d’habitants de la ville contre ce type de canicule. Autrefois réservés à une poignée de villes, ces exercices se généralisent, les collectivités locales souhaitant tester la résistance des services de santé, des dispositifs d’urgence et des infrastructures essentielles avant que les températures n’atteignent des niveaux dangereux.