Télescope prend une pause pour l’été. Merci de votre fidélité et bonnes vacances. On se revoit dans le futur! 🏖️
L’avenir a besoin d’un « optimisme urgent »
Jane McGonigal explore son concept d’« optimisme urgent », un état d’esprit alliant urgence, espoir et capacité d’action personnelle qui incite les individus à passer à l’action face à l’incertitude. L’Institute for the Future a pu approfondir ce concept grâce à l’expérience « Lumisphere », une installation immersive qui utilise la narration et des outils d’intelligence artificielle pour aider les participants à imaginer des avenirs écologiques positifs et à s’y investir ; 83 % d’entre eux se sont ensuite engagés dans des initiatives concrètes. L’équipe a mis au point des échelles de mesure évaluant la flexibilité mentale, l’espoir réaliste, le pouvoir d’agir sur l’avenir et l’ouverture aux possibilités, démontrant que de telles expériences peuvent considérablement renforcer la disposition des individus à façonner l’avenir. Cette approche suggère que les exercices participatifs sur l’avenir peuvent être évalués non seulement en termes d’engagement, mais aussi en fonction de leur impact psychologique, dans la mesure où ils favorisent la conviction que l’avenir reste ouvert et que le changement est possible.
L’IA ne vous remplace pas, elle vous démonte
Marie Dollé reprend une distinction qui n’est pas nouvelle, celle qui sépare la tâche de l’emploi, mais qu’elle juge désormais insuffisante pour penser le supposé remplacement des métiers par l’IA. Partant d’une conversation sur le sous-titrage audiovisuel, où les outils automatisés s’imposent parce qu’ils sont jugés « good enough », elle décrit le piège de ce seuil d’acceptabilité : « l’infrastructure et les habitudes se cristallisent autour de ce nouveau standard. À terme, le regard lui-même finit par se transformer, happé par une forme d’atrophie du goût où l’exigence s’émousse à force de ne plus être sollicitée. » Elle conteste aussi la promesse d’une IA libératrice de corvées, rappelant que certaines tâches chronophages servent d’ancres : ce n’est pas parce qu’une tâche peut être automatisée qu’elle doit l’être. De plus, l’arrivée des agents en entreprise impose de démonter chaque métier pour le reproduire, de mettre des mots sur les réflexes et les intuitions. Un exercice révélateur, mais brutal, qui dissipe l’ambiguïté confortable qu’on entretenait sur son propre travail. La vraie question n’est peut-être pas ce que l’IA prend, mais ce qu’il reste une fois tout étalé sur la table.
Les learncations d’Okinawa
Au Japon, plusieurs municipalités, notamment dans la préfecture d’Okinawa, mettent en place un système appelé learncation qui permet aux élèves de s’absenter de l’école en dehors des vacances scolaires. Ces absences, limitées à trois à cinq jours par an, sont autorisées à condition que les parents attestent que les enfants participent à des activités éducatives ou familiales. Ce dispositif vise à offrir plus de flexibilité aux familles, mais soulève aussi des inquiétudes quant à une possible aggravation des inégalités sociales. Certains experts craignent que cette politique reporte davantage la responsabilité de l’éducation sur les familles, au détriment du renforcement de l’enseignement public.
◗ Le Mexique vient de dévoiler un nouveau véhicule électrique extrêmement bon marché et soutenu par l’État. Baptisée Olinia Uno, la voiture a été présentée par la présidente Claudia Sheinbaum, qui en a elle-même conduit le prototype sur scène. Pensée pour la ville, elle vise un prix d’environ 8 500 dollars américains et une mise en vente l’été prochain. La moitié des composants sont déjà d’origine nationale, avec une cible de 75 % d’ici 2030. Le véhicule arrive alors que les constructeurs chinois progressent à travers l’Amérique du Nord et que les États-Unis verrouillent leur marché par des tarifs et des projets de loi visant à bloquer ces importations.
◗ Les réseaux sociaux dépassent les médias traditionnels comme source d’info. La tendance n’est pas nouvelle, mais le cap a été franchi. Selon le Digital News Report de l’institut Reuters (Oxford), mené auprès de 100 000 personnes dans 48 pays, les réseaux sociaux dépassent pour la première fois les médias établis comme source d’information : 54 % des répondant·es contre 51 %, et jusqu’à 52 % chez les 18-24 ans. Les médias historiques résistent surtout en Europe, là où la confiance envers les institutions demeure forte. L’IA reste marginale (10 %), mais le « mode IA » de Google pourrait rebattre les cartes.
◗ Les données de Pokémon Go ont permis d’entraîner une IA susceptible d’assister les drones militaires dans les zones de guerre. Révélé d’abord par le quotidien néerlandais Trouw : les balayages de lieux réels effectués par les joueur·euses qui scannaient leur environnement, après consentement, ont servi à entraîner les modèles de reconnaissance spatiale de Niantic. Sa filiale Niantic Spatial s’est associée en décembre à Vantor, dont la technologie aide les drones à se repérer quand le GPS est brouillé. Pour Tom Sulston, de Digital Rights Watch, l’épisode rappelle qu’avec un jeu « gratuit », l’usager n’est pas le client, mais le produit.
