Photo par Brecht Corbeel sur Unsplash.

Télescope 77

Participez à notre 5e cohorte de classes de maître en prospective qui démarre la semaine prochaine en ligne ! Dernières places disponibles.

Nos participant·es repartent avec :

→ Une méthodologie rigoureuse pour penser les futurs
→ Des outils concrets applicables immédiatement
→ Une communauté de praticien·nes avec qui échanger
→ Une nouvelle posture face à l’incertitude

📅 21 octobre au 18 novembre | Mercredis 12h-13h30
💻 Virtuel | Éligible Loi du 1%

Option 1 : Série de 5 classes de maître
👉 Semaine 1 (21 octobre) à semaine 5 (18 novembre) https://lnkd.in/dQr-8wxq

Option 2 : Classe de maître à la carte
Il faut acheter manuellement chacune des classes de maître qui vous intéressent
👉 Introduction : Semaine 1 (21 octobre, 12h à 13h30) https://lnkd.in/d7MyzZsn
👉 Concepts fondamentaux : Semaine 2 (28 octobre, 12h à 13h30) https://lnkd.in/d7MyzZsn


Une repolitisation massive des citoyens depuis 15 ans

Dans un entretien avec Usbek & Rica, l’historien Anton Jäger revient sur le concept d’« hyperpolitique ». Il décrit une époque où la politisation des citoyen·nes est intense, visible dans les manifestations, les grèves et la remontée de la participation électorale, sans que cette énergie se traduise en changements durables. Après la « post-politique » des années 1990 et 2000, marquée par le désintérêt et l’effritement des partis, des syndicats et des associations, la crise de 2008 et les réseaux sociaux ont relancé la mobilisation. Celle-ci reste toutefois volatile : on entre dans un mouvement aussi facilement qu’on en sort. Faute d’institutions pour la porter, l’action se replie sur des solutions individuelles, comme les formations antiracistes de l’ère Black Lives Matter, ou sur le pari cynique des marchés prédictifs. La droite, note-t-il, n’y échappe pas. Pour Jäger, se projeter dans l’avenir suppose un contrôle collectif du présent; il invite à investir les nouveaux lieux de sociabilité et le milieu de travail.

« J’en ai même pleuré »

La grogne et la détresse professionnelle s’étendent. Le 6 octobre, OpenAI a mis en ligne plus de 700 articles dans lesquels un modèle interne, non commercialisé, revendique la résolution de plus de 300 problèmes mathématiques restés sans solution, dont certains résistaient depuis des décennies. Franceinfo s’intéresse moins à l’exploit qu’à la secousse qu’il provoque chez les mathématicien·nes. Cédric Villani y voit le changement le plus radical de la discipline depuis des siècles et un risque existentiel pour la formation, les carrières et la culture mathématique. Hugo Duminil-Copin, qui travaillait sur 16 des problèmes visés, avoue en avoir pleuré. Plusieurs chantiers s’ouvrent. Il faudra d’abord vérifier des centaines de milliers de pages; OpenAI a d’ailleurs déjà retiré trois articles erronés. Se posent aussi la question des travaux de chercheur·euses humain·es que les modèles reprendraient sans les citer, celle de l’accès à des outils privés et non commercialisés, et celle de l’attrait de la profession pour les jeunes.

Le scénario de l’IA hostile n’est pas inévitable

Dans cette entrevue approfondie, Yoshua Bengio, l’un des pères fondateurs de l’intelligence artificielle moderne et corécipiendaire du prix Turing, discute avec Patrice Roy des risques existentiels posés par l’IA. Il aborde les incidents récents où des agents d’IA ont désobéi aux instructions humaines, les dangers pour la démocratie et la souveraineté, la concentration du pouvoir entre quelques entreprises et pays, ainsi que les possibilités positives de l’IA pour la science et la médecine. Selon lui, l’autodiscipline des entreprises ne suffit pas : il faut des règles obligatoires et multinationales, et des pays comme le Canada ont intérêt à former une coalition, hors des États-Unis et de la Chine, pour développer des IA compétentes et sécuritaires. Il refuse la posture d’inévitabilité : citoyens, professionnels et gouvernements peuvent encore infléchir la suite.


◗ Vous n’êtes plus invité à souper. En s’appuyant sur un sondage de Data For Progress, Derek Thompson constate le déclin de l’hospitalité aux États-Unis : la part des Américain·es qui reçoivent à la maison au moins une fois par mois est passée de 42 % en 1975 à 12 % aujourd’hui. Il avance quatre pistes : des ménages à deux revenus débordés, une parentalité plus intensive, des cercles d’amitié qui rétrécissent et un foyer devenu si divertissant qu’on se passe des autres. Il y voit moins un échec individuel qu’un problème de coordination : les écrans ne demandent rien, alors qu’un souper entre ami·es exige beaucoup.

◗ Des implants aux bandeaux : l’essor de la neurotech en Chine. The Economist décrit l’effort de la Chine pour rattraper les États-Unis dans les interfaces cerveau-machine. Le dernier plan quinquennal range la neurotechnologie parmi les industries d’avenir que Pékin entend dominer, et l’État prépare le terrain depuis quelques années : lignes directrices éthiques, codes de facturation dans les hôpitaux, premier programme universitaire au monde consacré à ces interfaces. Des centaines d’entreprises en démarrage travaillent sur des implants, sans fil ou posés à la surface du cerveau, ainsi que sur des appareils portables non invasifs, qui servent à mieux dormir ou à jouer à des jeux vidéo. (archive.ph)

◗ Vous ressentez un « choc du futur » ? Lisez ces livres. Hana Lee Goldin propose une belle liste pour « traverser une période de changements rapides ». Elle part du « choc du futur » d’Alvin Toffler, ce désarroi causé par trop de changements en trop peu de temps, que l’IA ravive aujourd’hui. Deux idées de Toffler guident sa sélection : l’habitude de l’anticipation et les zones de stabilité. Elle propose vingt livres répartis en quatre catégories : des précédents historiques, des fictions pour s’exercer à l’avenir, des ancrages pour choisir ce qui reste stable et des œuvres qui redonnent le sens de l’émerveillement.