Photo par Eric Krull sur Unsplash.

Télescope 78

Classe de maître en prospective : une cohorte avant Noël?

On n’avait pas prévu de nouvelle cohorte cette année. Mais plusieurs d’entre vous nous ont écrit, alors on tente le coup.

Au programme : repérer les signaux faibles, construire des scénarios et imaginer des futurs souhaitables. Une formation pour tous les secteurs, d’où chacun repart avec des méthodes applicables à son propre contexte.

Le principe est simple : les préinscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 novembre. Si on atteint 8 personnes, on démarre en novembre. Sinon, tout le monde est remboursé, sans frais.

Vous avez une équipe de 6 personnes ou plus? On peut aussi monter une cohorte rien que pour vous!

👉 Je me préinscris à la série de classes de maître : https://square.link/u/XgoTSjTy

👉 Je me préinscris à la séance 1 (Introduction) : https://square.link/u/xKReLD6w

👉 Je me préinscris à la séance 2 (Concepts fondamentaux) : https://square.link/u/g4JqYL1t


Des doses quotidiennes d’« ibuprofène numérique » 

En Chine, de jeunes adultes épuisé·es par la pression scolaire, la culture du « 996 » (travailler de 9 h à 21 h, six jours par semaine) et la surveillance en ligne se tournent vers ce que les auteurs appellent l’« ibuprofène numérique » : des contenus mignons qui aident à engourdir l’anxiété. Le plus populaire, le webcomic japonais Chiikawa, met en scène de petites créatures qui passent des examens pour mieux gagner leur vie, font des boulots ingrats, s’épuisent et évitent arnaques et monstres, tout en trouvant du réconfort dans l’amitié et la bonne bouffe. Le texte inscrit cette tendance dans la lignée du kawaii et du mouvement de guérison japonais (iyashi) des années 1990-2000, mais y voit aussi une forme de « rébellion douce » : le repli vers l’enfance et la passivité comme manière d’exprimer un refus des exigences du monde adulte, sans affrontement direct avec un État qui ne tolère pas la contestation ouverte.

Les optimistes de l’IA dans les pays du sud

En Amérique du Nord et en Europe, le discours sur l’IA est devenu si strident qu’on peine à l’aborder autrement que par la peur des risques ou par la promesse commerciale. Ce texte publié par Rest of World propose de regarder ailleurs. En Occident, le pessimisme face à l’IA s’est transformé en vertu culturelle : seuls 17 % des Américain·es croient qu’elle aura un effet positif sur leur pays, alors qu’en Chine, en Indonésie ou en Thaïlande, environ quatre personnes sur cinq y voient plus d’avantages que d’inconvénients. Près de 90 % des jeunes de la planète vivent hors de l’Occident, et plusieurs y voient dans l’IA un moyen d’accéder à des institutions et à des occasions longtemps réservées à celles et ceux qui disposent du plus de capital social et culturel. Les micro-séries chinoises produites pour quelques centaines de dollars en donnent un exemple : l’IA abaisse le coût d’entrée dans un marché culturel. Là où les ressources manquent, on construit d’abord pour répondre à des besoins concrets, comme l’a fait l’Inde avec India Stack, une infrastructure numérique publique dont l’Europe s’inspire aujourd’hui. Sans idéaliser le Sud global, le texte invite l’Occident à se demander aussi ce que l’IA pourrait aider à rebâtir.

Guerre hybride et manifestations européennes

Malgré que l’on soit dans la spéculation pour cette « attaque hybride » reliée aux manifestations, force est d’admettre que les méthodes et les objectifs évoqués par François Brousseau ont été observés dans bien d’autres dossiers. À Milan, où les pillages ont éclaté au même moment qu’à Paris, Marseille et Limoges, plusieurs jeunes interpellé·es, souvent mineur·es, auraient reçu sur les réseaux sociaux des messages les invitant à piller, selon leurs avocat·es. Un « Manifeste du 17 octobre » prônant la guérilla urbaine a aussi circulé, suivi de courriels identiques annonçant d’autres violences. Le chroniqueur relie ces indices à une stratégie connue : repérer les fractures réelles des démocraties (inégalités, racisme, hostilité envers les migrant·es, opposition aux vaccins) et les creuser à coups de bots, de trolls et d’IA. Il en situe l’origine dans un texte publié en 2013 par le chef d’état-major russe Valeri Guerassimov, qui proposait de retourner contre l’Occident ses propres libertés.


◗ Une poignée de robots mignons, qu’on peut représenter comme des expériences pour donner un corps à l’IA. Moss and Fog a lancé sa série Friday Fixation avec un numéro consacré aux robots, où l’on trouve Voxel, un majordome robot jaune moutarde qui a peur de l’eau, et une galerie de leurs favoris tirés des archives. Mori, d’OKA, est un compagnon numérique en forme de champignon pour les personnes qui vivent seules, et Autonomous a fait d’une lampe de bureau un compagnon du même genre. Inanimate est peut-être le moins mignon du lot, mais aussi le plus expérimental et possiblement le plus intéressant. L’entreprise partage de sympathiques vidéos de développement sur Instagram.

◗ « Incroyable » : les coraux blanchis reprennent vie en quelques jours au simple contact d’un corail voisin en bonne santé. Des chercheur·euses de Stanford ont réussi à faire revivre en laboratoire des coraux blanchis en les mettant en contact avec un fragment sain du même individu. Les deux morceaux fusionnent par un pont de tissu qui laisse passer les algues symbiotiques, dont la population double alors tous les quatre jours. Le fragment blanchi se rétablit en moins de huit semaines, et une semaine de contact suffit pour qu’il poursuive sa récupération seul.

◗ Un piratage « pas si sophistiqué que ça ». Le 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle à distance des systèmes de réfrigération de plusieurs centaines de supermarchés français, faisant grimper la température des frigos et congélateurs jusqu’à 50 °C et forçant les magasins à jeter leurs denrées, pour des pertes de plusieurs millions d’euros. Selon les expert·es, l’attaque n’avait rien de sophistiqué : les pirates ont exploité des failles connues dans des appareils obsolètes, privés de mises à jour. Elle illustre la vulnérabilité d’équipements industriels longtemps isolés d’internet, conçus pour la fiabilité plutôt que pour la sécurité, et aujourd’hui connectés pour être supervisés à distance.